L’apprentissage du mépris. Haïr par amour.

 

Cet article fait partie de la série :

1. L’apprentissage du mépris. Haïr par amour.

2. Les conditionnements induits par « fidélité » au groupe

3. Protocole EFT : se défaire de nos conditionnements familiaux

 

Dans le groupe social Machin-Truc («groupe social» : pays, village, planète, groupe, religion, parti politique, club sportif, tout ce que vous voulez), vit la famille Truc. Un point sur lequel ils sont tous d’accord, c’est que les «Je-ne-sais-qui» sont méchants : ils sont des dangers pour le groupe social Machin-Truc, ils veulent y prendre le pouvoir, ils lui veulent du mal, détruire la noble culture Machin-Truc, détruire les honnêtes gens qui la composent; en plus, c’est simple : tous les honnêtes gens font partie de Machin-Truc, ailleurs, c’est les autres.

L'impact de l'entourage

Le petit Toto Truc a 3 ans, il est très gentil, il adore les gens de sa famille. Il joue avec eux, découvre le monde avec eux, que ce soit dans des paysages de rêve ou au pied des HLM. Il s’est déjà constitué une foule de souvenirs grâce à eux. Ils lui ont donné à manger quand il avait faim, à boire quand il avait soif, il a un toit et un lit (ou une natte sur le sol) grâce à eux. D’une seule parole ou d’un seul geste, ils lui ont sauvé la vie, souvent : quand il s’aventurait à quatre pattes en haut d’un escalier, quand il a essayé d’attraper son ballon devant une voiture, son jouet en se penchant par la fenêtre. Même s’il n’a pas vraiment conscience de tout cela, son corps le sait, et c’est important. Et puis, quand ils se fâchent après lui, «c’est sûrement parce qu’il avait tort : la preuve qu’ils ont raison, c’est qu’ils sont grands».

 

Ses proches lui ont beaucoup appris : grâce à eux il sait marcher et parler, reconnaître des plantes et des animaux, ou des livres, ou … comment faire marcher la télé; ils ont dit plein de choses vraies, des choses de la vie courante, qu’il pouvait vérifier instantanément; alors quand ils disent que les «Je-ne-sais-qui» sont méchants, ...c’est forcément vrai !

 

L’apport physique et émotionnel de la famille est énorme, même dans les pires conditions : 90 % de positif au moins, même si le 10 % qui reste consiste en maltraitances en tout genre. Les enfants éduqués dans des conditions aberrantes, les enfants maltraités, sont tout de même des enfants en vie (en général).

La plupart des enfants battus restent très attachés à leurs parents et à leur mode de vie, sauf peut-être quand ils ont connu autre chose (placement provisoire, rencontres prolongées avec d’autres familles).

C’est sur ce 90 % de positif que peuvent se construire les pires croyances, les pires stratégies.

 

Les stratégies de Toto

Le gentil Toto veut faire plaisir à sa famille. Alors, il dit aussi que les «Je-ne-sais-qui» sont méchants. Il ne les connaît pas, il ne leur a jamais parlé (surtout pas !) mais il sait qu’ils sont méchants et dangereux, et qu’il ne faut surtout pas les approcher, normal, puisqu’ils sont méchants et dangereux. Enfin, si : il en connaît un ou deux qui sont gentils, le boulanger, le voisin, mais ceux-là, c’est pas pareil, et puis quand même, méfiance, il faut pas trop les fréquenter.

 

Et quand Toto dit des blagues sur les «Je-ne-sais-qui», il fait rire tout le monde autour de lui, on le trouve intelligent, on dit qu’il réussira dans la vie.

Quand il peste après les « Je-ne-sais-qui », qu’il dit que quand il sera grand, il fera triompher la cause des Machin-Trucs, on le trouve très courageux, très fort.

Et quand on se dispute dans la famille, il peut réconcilier tout le monde en disant quelques bêtises contre les «Je-ne-sais-qui» : quel pouvoir !

 

Paradoxalement, Toto utilise la haine contre les «Je-ne-sais-qui» comme un moyen de rétablir la paix, l’harmonie, la bonne entente. Il s’en sert aussi pour apaiser ses angoisses, et pour avoir le sentiment d’avoir de la valeur.

 

Et des années plus tard, des dizaines d’années plus tard, quand ça va un peu mal, quand un nuage noir passe dans son inconscient : un petit jet de venin contre les «Je-ne-sais-qui» (même simplement dans sa tête), et tout va mieux.

Des familles paisibles...

Si on met des images précises derrière ces personnages, on voit mieux comment se constituent les «monstres» qui nous entourent.

 

Imaginez un repas du soir, au Moyen-Âge, baigné de la lumière dorée des torches, et du regard attendri d’une maman fière de sa progéniture.

Ce chaleureux moment familial se passe chez un Grand Inquisiteur.

- «Tu as passé une bonne journée, Papa ? Tu as bien torturé tous ces méchants ? Je suis sûr que Jésus est très fier de toi. Tu sais, j’aimerais bien venir t’aider dans ton travail....

- Pas tout de suite, mon fils, tu es encore petit; mais quand tu seras plus grand, oui, promis… et tu pourras faire le même métier que moi.

- Je suis très content, Papa; grâce à toi, j’irai sûrement au Paradis.»

(Au fait, vous savez pourquoi Jésus est sorti du tombeau ? Pour ne pas avoir le mal de mer à force de se retourner dans sa tombe…)

 

Dans le même genre, vous avez sûrement vu le film «Le Parrain» : intéressant de voir comment une famille unie transmet des valeurs … étranges.

 

Une suggestion :

Essayez d’imaginer l’enfance de gens, de groupes de gens, qui vous «hérissent». Leur enfance, leur vie quotidienne, le passé de leur famille plusieurs générations en arrière: vous imaginez cela quelques secondes, maintenant, tout de suite. Ça éveillera votre curiosité et vous aurez sans doute envie de continuer.

Je l’ai fait plusieurs fois, d’abord pour tenter de calmer des discours de haine contre un groupe social, puis pour moi-même, concernant des gens avec qui «c’était un peu compliqué».

 

Après, vous ne verrez sans doute plus ces personnes de la même manière. Les voir différemment ne veut pas dire adhérer à leurs valeurs, que ce soit bien clair ! Mais vous verrez les PERSONNES, pas seulement les ACTES; et c’est plus apaisant… pour vous et pour le monde.

 

Dans «Apprendre à pardonner», le Dalaï-Lama dit que s’il était né dans une famille chinoise, il penserait probablement comme eux…

Et un proverbe d’Amérique du Nord dit quelque chose comme «Si tu n’as pas passé plus d’une semaine dans les mocassins de quelqu’un, tu ne peux pas te permettre de le juger».

 

Avez-vous fait l’exercice ci-dessus, même quelques secondes (ou plus !) ? Comment l’avez-vous ressenti ? Je serais très heureuse que vous le partagiez avec nous dans les commentaires. Merci :)

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Des phrases pour croire en ses Rêves, toujours, toujours :

 Suivre sa joie, c'est suivre un appareil de guidage interne. (Madeleine Lejeune)

 

"Quand naît en moi une pensée, je me demande si elle est dirigée vers la réussite ou vers l'échec. Dans ce dernier cas, je l'élimine directement, car

ma vie en dépend". (Martin Brofman)

 

S'inquiéter, c'est utiliser son imagination pour créer ce que l'on craint. (Véronique Baudoux).

 

Nous sommes bien PLUS que nous ne pensons être.

En conséquence, les "MIRACLES" seraient l'état NORMAL, si nous ne les bloquions pas avec nos croyances.

 

Il y a une force intérieure dans chaque être humain, qui une fois libérée, permet de transformer chaque rêve, vision et désir en réalité (Anthony Robbins)